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Incitation à la haine et à l’atteinte à la réputation des professionnels: Les syndicats de la Santé en appellent à l’ARAV

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La Coordination des Syndicats de la Santé (C.S.S) regroupant quatre organisations syndicales du secteur de la Santé vient de réagir, vivement, aux attaques que subissent, depuis quelque temps, les professionnels de la Santé publique en Algérie, notamment à la suite du drame qu’a connu la wilaya de Djelfa, avec la décès d’une femme et de son nouveau-né après qu’on lui ait refusé l’accès dans trois cliniques de la wilaya. Dans un communiqué, diffusé hier, la CSS y dénonce ce qu’elle qualifie de «discours volontairement alarmistes sur l’état de ‘délitement’ supposé du secteur public de Santé». Réunis à Alger, dimanche dernier, sous le parapluie du CSS, le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), le Syndicat national des médecins généralistes de la Santé publique (SNMGSP), le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEPM) et le Syndicat national des praticiens spécialistes de la Santé publique (SNPSSP), prennent, en effet, «la mesure de l’agitation qui secoue le secteur de la Santé, suite aux récents évènements qui ont marqué ce secteur». Le CSS rappelle à ce propos, que «des millions d’Algériens recourent quotidiennement, à ce secteur, y sont soignés gratuitement, avec des résultats heureux, dans l’écrasante majorité des cas,» estimant que «nul ne peut contester, aujourd’hui, l’amélioration de l’état général de la santé de la population». Quant à l’exigence de qualité, de plus en plus, exprimée par la population, «non seulement elle est légitime mais elle est facteur de progrès,» est-il souligné. Notant que le secteur de la Santé ne peut être isolé du reste de la société, ni faire exception parmi tous les autres secteurs d’activité, la CSS admet, toutefois, l’existence «, ici ou là, d’insuffisances, de dysfonctionnements, voire de défaillances». «C’est le rôle des professionnels de la Santé de travailler à y remédier dans le cadre institutionnel approprié. Et c’est ce qui est fait, au quotidien, par des milliers de professionnels intègres et dévoués, loin des projecteurs et surtout loin de toute surenchère», lit-on dans le communiqué de la CSS.

La Coordination des Syndicats de la Santé n’omet pas de dénoncer par ailleurs «l’amalgame qui est, sciemment, entretenu par certains entre la responsabilité civile des établissements de santé d’une part, et la responsabilité pénale des professionnels qui y exercent d’autre part, et dont ces derniers peuvent être appelés à répondre, au même titre que tout justiciable.» A ce propos, elle n’omet pas d’évoquer la douloureuse affaire des personnels incarcérés à Djelfa, en exprimant, d’abord, sa compassion avec les proches de tout patient décédé, mais aussi avec les professionnels emprisonnés et de leurs familles. «(…) Nous rappelons que cette affaire est entre les mains la Justice, laquelle n’a pas fini encore de statuer sur toutes les responsabilités. Dans l’état actuel des choses, toute spéculation en la matière est malvenue, et nous dénonçons vivement les discours qui tentent de récupérer l’indignation légitime suscitée par cette affaire, en multipliant des déclarations tendancieuses, visant à tromper l’opinion» affirme la CSS, dans son communiqué. La Coordination lance à ce propos, un appel à la Justice pour «prendre en compte les conditions d’exercice de ces personnels, dans un secteur aussi sensible que celui de la Santé, ainsi que les services qu’ils rendent à la population», et pour «leur élargissement en attendant l’aboutissement de l’enquête en cours.»

Abordant la problématique de la violence sur les professionnels de la santé, la C.S.S est favorable à ce que «ce phénomène sur-médiatisé soit replacé dans sa juste proportion.» Reflet du niveau de violence dans la société en général, cette violence s’exprime, plus facilement, dans l’environnement hautement anxiogène des services d’urgence, estime la CSS, avant de préciser que «cela ne justifie en aucun cas l’atteinte aux personnes et aux biens, et les cas extrêmes qui relèvent du délit ne sauraient être acceptés ni être l’objet de laxisme : au-delà de l’atteinte aux personnes, c’est la continuité même du service public de santé qui est menacée.» A cet égard, la C.S.S salue la récente instruction de la tutelle qui appelle le gestionnaire à la nécessaire fermeté devant ce phénomène et à prendre toutes les mesures nécessaires à la protection des personnels, dans l’exercice de leurs missions. «Il demeure, cependant, qu’un grand nombre d’incidents relèvent de l’incompréhension et du déficit de communication, et c’est là, aussi, un chantier auquel doivent s’atteler aussi bien la tutelle que l’ensemble des professionnels», estime, par ailleurs, la coordination dans son communiqué. Aussi, la violence à l’égard des soignants étant largement amplifiée par des «campagnes diffamatoires condamnables» menées par certains médias, la C.S.S appelle la tutelle à saisir les organismes habilités, notamment l’Autorité de Régulation de l’Audiovisuel (ARAV), pour tout cas qui relèverait de l’incitation à la haine et à l’atteinte à la réputation des professionnels. La Coordination des Syndicats de la Santé (C.S.S ) appelle, enfin, les pouvoirs publics à mettre à jour l’arsenal législatif et réglementaire qui régit le secteur afin d’améliorer les performances du système de Santé et remédier à tous les disfonctionnements. «Mise à jour absolument nécessaire mais qui a trop tardé à voir le jour», estime-t-on. La C.S.S appelle, ainsi, le gouvernement «à hâter la programmation du projet de nouvelle Loi sanitaire pour sa discussion par l’APN, ultime étape, avant sa promulgation,» en rappelant que «le projet a fait l’objet d’une large concertation, auprès de tous les professionnels de la Santé et que là aussi, «le bénéfice attendu pour le secteur de la Santé et la population, tout entière, ne doit pas être pris en otage des surenchères de tous bords et des intérêts étroits.»

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