Inondations à constantine: Les pouvoirs publics aux abonnés absents

Inondations à constantine: Les pouvoirs publics aux abonnés absents

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Le citoyen constate, à son grand regret, qu’en plus de leurs défaillances, les représentants de l’État ne manifestent aucune compassion quant à la misère des habitants.

Le 28 août 2015, des pluies torrentielles s’abattaient avec une violence inouïe sur la nouvelle ville Ali-Mendjeli, à Constantine, provoquant les plus importantes inondations dans l’histoire de la ville. On déplore la mort de quatre personnes et des dégâts matériels estimés à plusieurs dizaines de millions de centimes. Face à ce désastre, les Constantinois découvrent l’impuissance mais surtout l’incompétence des pouvoirs publics, qui auront été incapables, et ce, à tous les niveaux, de prendre les mesures nécessaires pour gérer la crise.

Deux ans plus tard, soit le 26 août 2017, le même scénario se reproduit, au cœur même de la Ville des Ponts. Les autorités locales font, encore, l’objet de vives critiques. Dans certains quartiers qui portent encore les stigmates de la soirée dramatique de samedi, des voix se sont élevées pour souligner l’indifférence affichée à leur égard par les responsables et les élus locaux.

En effet, le citoyen constate, à son grand regret, qu’en plus de leurs défaillances, les représentants de l’État ne manifestent aucune compassion quant à la misère des habitants. Ni le wali, ni le P/APC, ni aucun autre élu local ne se sont déplacés sur le terrain. C’est le silence radio du côté de la société civile. L’on se rappelle d’ailleurs qu’au lendemain des inondations de 2015, Ahmed Ouadah, alors wali de Constantine, n’avait pas daigné se rendre sur les lieux du sinistre. Il avait fallu attendre la venue du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, pour que le chef de l’Exécutif consente à sortir de sa tour d’ivoire !

Qu’en est-il du plan de prévention ?

Même si la violence des intempéries traduit aisément la compréhension de l’ampleur des dégâts, il n’en demeure pas moins que la réaction, toujours tardive des pouvoirs publics, trahit à plus d’un titre, leur impréparation à de telles catastrophes qui constituent, pourtant, une menace récurrente sur tout le territoire. Il est donc très difficile pour le citoyen de comprendre, non seulement cette impréparation, mais aussi l’inefficacité de la réponse initiale qui avait été donnée déjà en 2015, lors de la visite du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, deux jours après les inondations qui avaient frappé la nouvelle ville Ali-Mendjeli.

Ce dernier avait, pour rappel, annoncé la mise en place d’un plan d’urgence de prévention contre les inondations, lequel allait être lancé dans les jours qui ont suivi. Qu’en est-il réellement de ce plan de prévention ? Une question que l’on est en droit de poser, quand on voit les résultats aujourd’hui. En effet, le plan pris en charge par la direction des ressources en eau, en collaboration avec les services de la Seaco et de l’ONA (Office national de l’assainissement), consistait en “la création de systèmes d’évacuation des eaux pluviales, en la mise en place et au nettoyage des avaloirs et au curage des oueds”, avait-on expliqué.

Il s’agissait aussi de traiter en priorité les points noirs, afin de remédier au problème de l’accumulation des eaux de pluie. Lors de cette opération, plusieurs cités et quartiers devaient être touchés, à savoir la cité El-Guemmas, les Frères Abbas, la cité des Mûriers, Boumerzoug, Frères Ferrad, la cité Boussouf, la cité Sahraoui (Aïn Abid), Essaada et Zighoud-Youcef (commune d’Ibn Badis) et El-Ghirene et Berghli (commune de Hamma Bouziane), ainsi que la commune d’El-Khroub, de Chahbet-Boulkroune, de Bousalia et de Zighoud-Youcef. À Ali-Mendjeli, le plan d’urgence de lutte contre les inondations piétine. Confiés à la Seaco, les travaux sont toujours au point mort.

En outre, le projet risque de buter sur les difficultés des travaux d’extension du tramway de la cité Zouaghi, vers la nouvelle ville. Si d’autres inondations venaient à se reproduire dans la région, les dégâts seraient plus importants. Hier, nous avons contacté le département de communication du cabinet du wali, pour savoir si ce dernier s’était rendu sur les lieux des inondations, ou du moins, s’il avait pris des mesures pour éviter que le scénario ne se reproduise.

C’est ainsi que nous avons appris qu’il a tenu une réunion avec la Seaco, la direction des travaux publics et la Protection civile. Cependant, notre interlocutrice sera incapable de nous communiquer l’objet et les conclusions de cette rencontre. Encore un point à ajouter à la longue liste des défaillances des autorités locales.

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