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Malgré les adversités, elle poursuit son programme de modernisation: Benghabrit tient bon

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On peut dire que cette stratégie, saluée ou décriée selon les camps et les partis pris, a au moins un mérite, elle témoigne de l’opiniâtre volonté de la ministre de travailler encore et toujours à améliorer les performances des élèves des différents paliers.

Veillée studieuse pour la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, qui multiplie les réunions depuis quelques jours, en prévision de la rentrée scolaire programmée cette année le 6 septembre prochain. Dans la foulée, elle aura annoncé, lundi dernier, un mouvement dans le secteur, au niveau des directions de l’éducation. Mettant fin aux fonctions de quatre directeurs de l’éducation, elle a également promu celui de Tamanrasset au poste d’inspecteur général au ministère et enclenché un mouvement qui a concerné les responsables exerçant à Tindouf (muté à Tam), Khenchela (muté à El Oued), Mila (muté à Biskra), El Bayadh (muté à Laghouat), Biskra (muté à Sidi Bel Abbès) et Souk Ahras (muté à Jijel).

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de réorganisation ou, plutôt, de mobilisation des moyens humains autour du programme de travail qu’elle entend appliquer durant les mois qui viennent. Nouria Benghabrit est à la tête de l’éducation depuis plus de trois ans. Elle a des émules et des partisans nombreux, mais elle compte également, comme on a pu l’observer en maintes circonstances ces trois dernières années, des détracteurs, voire des adversaires acharnés. Bref, la chose est sûre et certaine, Nouria Benghabrit dérange.

Elle dérange d’abord, les mandarins qui ronronnent, confortablement vautrés dans le système pour profiter de ses multiples avantages et accumuler, d’une année à l’autre, les prébendes. Pour ceux-là, rien ne vaut le statu quo, coûte que coûte. Elle dérange également ceux qui trouvaient matière à entasser le beurre beaucoup plus que les épinards, ces prétendus enseignants qui n’enseignent qu’à domicile et considèrent l’école comme un champ de recrutement où ils distribuent les tickets d’entrée aux élèves (et aux parents) les plus dociles. Elle dérange enfin ces syndicats qui prétendent défendre des «acquis», dont ils se moquent éperdument et qui portent préjudice à des centaines de milliers d’enfants et à un secteur jadis flamboyant et désormais sinistré.

Avait-elle d’autre choix que celui de tisser patiemment sa toile, composant à quitte ou double avec les plus endiablés et ressassant les vertus du pacte consensuel, exhortant du même coup les syndicats à une paix des braves dont elle connaît pertinemment les limites? Sans doute que non, et c’est donc une démarche judicieuse que celle qui lui a permis d’instaurer, bon an mal an, un climat apaisé durant l’année scolaire précédente, par-delà les coups de canif que certains exaltés ne peuvent s’empêcher, à tout moment, de porter au contrat, pour tel ou tel motif hasardeux.

On peut dire que cette stratégie, saluée ou décriée selon les camps et les partis pris, a au moins un mérite, elle témoigne de l’opiniâtre volonté de la ministre de travailler, encore et toujours, à améliorer les performances des élèves des différents paliers, afin de redresser le niveau de l’école algérienne parvenu à vau-l’eau. Grâce à un climat de moins en moins tendu, la stabilisation du secteur, la maîtrise de la pratique éducative, l’amélioration du niveau des performances pédagogiques des enseignants et l’amélioration de la gouvernance et du management des établissements scolaires sont des conditions dont la ministre veut user comme autant de passerelles pour atteindre les objectifs fixés, à savoir le taux de 70% de réussite au bac, cap fixé par la loi d’orientation de l’Education nationale de 2008 dont on commence à peine à entrevoir la probabilité.

A cet égard, il est heureux que Nouria Benghabrit confère le rôle pilote aux chefs d’établissements scolaires, dans la conduite d’un processus délicat d’amélioration des performances du système éducatif national. Un pari dont les associations de parents d’élèves devraient être, non pas des observateurs, mais des soutiens attentifs à défaut d’être actifs.

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