Agenda très serré pour Ouyahia Réunion spéciale du gouvernement aujourd’hui

Agenda très serré pour Ouyahia Réunion spéciale du gouvernement aujourd’hui

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Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, présidera, aujourd’hui jeudi, une réunion du gouvernement à ordre du jour hyper-chargé. Au menu, pour cause, deux dossiers extrêmement lourds, à savoir le projet du plan d’action du gouvernement, ainsi que le projet de loi de finances pour 2018. Deux textes dont l’impact direct sur le quotidien des Algériens n’est pas à démontrer.

Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Deux textes, certes distincts mais intimement liés, in fine. Ce seront ces deux textes qui déclineront le programme du gouvernement, ainsi que sa politique générale d’ici 2019. Ahmed Ouyahia, qui a pris les commandes de l’exécutif le 16 août dernier, est entré directement dans le vif du sujet et n’avait pas eu, comme ses prédécesseurs, suffisamment de temps pour, en même temps, préparer la rentrée, la loi de finances et le plan d’action du gouvernement.

Ces deux derniers textes doivent, en plus, être prêts dans les plus brefs délais en raison de leur urgence. Car il faut savoir, d’abord, que le gouvernement ne peut avoir la légitimité nécessaire pour prendre des décisions qu’après l’adoption de son plan d’action par les deux Chambres du Parlement.
Quant au projet de loi de finances, et en vertu toujours des dispositions constitutionnelles, il doit être finalisé et déposé au niveau de l’Assemblée populaire nationale, au plus tard le 1er octobre prochain. Entre-temps, ces deux textes doivent impérativement être adoptés en Conseil des ministres. Et l’on croit savoir à ce propos que Abdelaziz Bouteflika va convoquer une réunion du Conseil des ministres à la mi-septembre, probablement le 14 du mois, pour permettre à Ahmed Ouyahia d’aller présenter son plan d’action devant l’APN à partir du 18. C’est dire que l’agenda du nouveau patron de l’exécutif est vraiment très serré.

Car, outre la présentation du plan d’action par le Premier ministre, on doit consacrer quelques jours pour les débats des députés, puis des groupes parlementaires. S’ensuivra une séance consacrée au vote du plan d’action. Le même processus sera suivi juste après au niveau du Conseil de la nation pour ce même plan d’action. Début octobre, Ouyahia devra «revisiter» le Parlement, lorsque son ministre des Finances sera appelé à présenter la très sensible loi de finances. Tout cela, à la veille d’une campagne électorale pour les élections locales du 23 novembre prochain qui suscitent, déjà, un grand engouement chez les partis politiques.
Les projets respectifs du plan d’action du gouvernement et de la loi de finances pour 2018 seront certainement une aubaine que ne rateront pas les partis siégeant au Parlement pour entamer leurs propres campagnes électorales.

Ahmed Ouyahia, que l’on dit très préoccupé par la situation financière du pays, aura à faire face à un vrai dilemme : celui de tenir compte des réalités financières et économiques, d’un côté, et ce souci permanent chez le pouvoir de maintenir un front social stable et apaisé. Il faudra, en somme, de véritables «frappes chirurgicales» pour réussir à confectionner et, surtout, à faire accepter une loi de finances qui tienne effectivement compte des réalités financières et économiques du pays et, à la fois, ne pas trop chambouler un front social très «gâté» par le passé.

Une mission d’autant plus délicate pour le gouvernement Ouyahia que le pouvoir est interpellé par un premier test immédiat, en l’occurrence les élections communales et de wilayas du 23 novembre. Cela, avant d’entamer la dernière ligne droite vers l’échéance majeure, celles des présidentielles de 2019. Des présidentielles qui, sans doute, diffèrent radicalement de toutes les précédentes en raison de la maladie de Bouteflika. Leur préparation nécessite, en premier lieu, un front social stable et des mesures de détente à plusieurs niveaux. Et c’est ce qui transparaît d’ailleurs à travers les premières déclarations publiques de Ahmed Ouyahia qui, depuis sa nomination, insiste, surtout, sur «l’apaisement» et le sens de la mesure et de la modération.
En d’autres termes, appliquer les grandes lignes de la fameuse instruction présidentielle du 3 août 2017 adressée à l’ex-Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, et rédigée par l’ex-directeur de cabinet du président de la République… Ahmed Ouyahia.

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