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Indice des prix à la production industrielle entre 2007 et 2016: En attendant l’embellie promise

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C’est un outil statistique de base nécessaire pour qui veut procéder à une évaluation puis une analyse, mais elle ne peut satisfaire entièrement la demande d’information pour qui entend se pencher sur l’état de l’industrie du pays, avertit l’Office national des statistiques (ONS) dans la présentation de sa récente étude consacrée à l’indice des prix à la production industrielle entre 2007 et 2016. Une étude d’une grande utilité tout de même pour voir où en était la production industrielle sur les dix dernières années.

Les analystes de l’ONS relevant de la Direction technique chargée des statistiques d’entreprises et du suivi de la conjoncture se sont attelés à une longue enquête réalisée trimestriellement auprès des entreprises du secteur public avec comme finalité le calcul de l’indice des prix à la production industrielle. Les biens industriels concernent précisément ceux vendus sur le marché local mais ne concernent pas les produits importés et ceux destinés à l’exportation, précise l’ONS qui, également, a fondé son étude sur «les prix sortie usine : hors taxes et hors transport» aussi bien que «les prix sortie usine : toutes taxes et hors transport».

Ainsi, l’année dernière, l’évolution des prix à la production industrielle se situait à un peu plus de 4% pour les industries hors hydrocarbures et +2,8% pour les industries manufacturières. Une évolution dans le rythme de la hausse par rapport à l’année 2015 qui, elle, avait enregistré respectivement +2,3% et +1,4%.

Quant au secteur de l’énergie, il a vu ses prix réaliser une spectaculaire augmentation de 17,5% l’année dernière après une année 2015 marquée par une très légère baisse de 0,1%, au contraire des prix observés dans les mines et les carrières, marqués par des hausses importantes durant les deux années, + 13,4% l’année dernière et 21,0% en 2015. Pour le très sollicité marché des matériaux de construction, les analystes du département technique chargé des statistiques d’entreprises et du suivi de la conjoncture ont relevé une décélération du rythme de hausse enregistrée en 2015 et s’est poursuivie l’année d’après, puisque cette variation est passée respectivement de +1,6% à +1,0% l’année dernière. Et ce, au contraire de ce qui a été constaté dans les industries agro-alimentaires dont la tendance haussière observée en 2015 s’est de façon plus importante accrue en 2016 avec un taux passant de +1,7% à +6,0%. Et puis, il y a, d’une part, la stagnation enregistrée dans l’activité des cuirs et chaussures, et, d’autre part, les variations plus ou moins modérées enregistrées dans le reste des activités.

La hausse des prix à la production industrielle, hors hydrocarbures, du secteur public a été de 4,1% en 2016, nous apprend l’étude de l’ONS, alors que celle relevée dans les industries manufacturières se situait à +2,8%. Des hausses qui étaient, respectivement, à +2,3% et +1,4% une année auparavant.

L’évolution par secteur d’activité a permis aux analystes de l’Office de relever les caractéristiques qui soulignent qu’«après une baisse modérée de 0,1%, enregistrée en 2015, le secteur de l’énergie marque un relèvement substantiel en inscrivant une augmentation de 17,5% en 2016. Les mines et carrières qui se sont distinguées par des baisses en 2013 et 2014, avec des taux respectifs de -16,8% et -4,2%, ont été marquées par une reprise de leur prix en 2015 de +21,8%, confirmée en 2016. Néanmoins, avec une évolution de moindre ampleur, +13,4%.

Quant aux industries sidérurgique, mécanique, métallique, chimique, électrique et électronique (ISMEE), elles ont enregistré une stagnation du rythme de hausse lors des trois dernières années. En effet, pour les ISMEE, la variation est passée de +1,8% en 2014 à +1,5% en 2015 pour se situer à +1,2% en 2016», selon les statistiques relevées par l’ONS. L’activité dans l’agroalimentaire a connu une hausse non négligeable, comme rapporté dans un précédent rapport, consacré celui-là aux trois premiers mois de cette année, a eu à subir des variations plus ou moins modérées, notamment de 2011 à 2014, avant de connaître un relèvement de 1,7% en 2015. «Celui-ci s’est poursuivi en 2016 avec un taux beaucoup plus important puisqu’il s’élève à +6,0%», notent les analystes de l’ONS.

L’autre activité qui compte dans le paysage industriel national : les industries textiles. Elles se sont distinguées par des variations modérées en 2012 et 2013, respectivement +0,2% et +0,1%, elles ont vu leur prix augmenter de 1,5% en 2014 avant de se faire remarquer par une décélération du rythme de hausse lors des deux dernières années avec des taux respectifs de +0,7% et +0,5%, alors que pour les industries du cuir et de la chaussure, un léger redressement a été relevé en 2015 (+0,3%) avant de subir une stagnation en 2016. Les industries des bois et des papiers se caractérisent, quant à elles, par des évolutions modérées depuis l’année 2013, nous apprend cette étude consacrée à l’évolution de l’indice des prix à la production industrielle entre 2007 et l’année dernière.
Une analyse d’une pertinence telle qu’elle doit constituer un sacré outil de travail aux différents intervenants, des ministères concernés aux industriels, pour enfin permettre à l’industrie d’amorcer ce développement qui permettra de moins s’accrocher aux hydrocarbures, tel que le stipulent les discours officiels depuis un temps qu’on ne compte plus, mais dont les actes ne permettent que très modérément de voir l’embellie promise.
M. Azedine

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