Visite du ministre du tourisme à Annaba: Les sempiternelles explications

Visite du ministre du tourisme à Annaba: Les sempiternelles explications

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Encore une fois, le secteur du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Annaba fait l’objet de l’intérêt des pouvoirs publics. Ce dernier mardi, c’était au tour de Hacène Mermouri, un autre parmi les nombreux ministres s’étant succédé dans le secteur du tourisme et de l’artisanat tout au long de ces dernières années, de s’inquiéter du développement de ce secteur.
Le bilan qu’il a établi à l’issue de ses inspections des zones d’aménagement et celles d’extension touristiques, n’a certainement pas été fructueux. Comme ses prédécesseurs, il a dû se satisfaire des données avancées par ses proches collaborateurs ou lors de la présentation des différents et nombreux anciens projets.

Le ministre, qui était accompagné du wali de Annaba, Mohamed Salamani, et de plusieurs directeurs membres de l’exécutif local dont ceux des Domaines et de la planification et aménagement du territoire, a étonné plus d’un. C’était à Chetaïbi au moment où, pour la première étape de sa visite, il prenait contact avec le représentant des propriétaires terriens. «Ni 3 000 dinars, ni plus, ni moins. Notre administration devra se satisfaire du patrimoine de l’Etat représentant 90% de la surface nécessaire pour la réalisation de ses projets», avait-il répondu à ce représentant qui souhaitait se défaire de ses terres au profit de l’Etat au prix de 10 000 DA/m².

Le ministre devait d’abord s’intéresser à l’investissement consenti par un opérateur privé à Oued-Leghlam, une plage cernée par le maquis où il est prévu la réalisation de 220 chalets. D’une capacité d’accueil de 880 estivants, les travaux sont bien avancés pour une réception et mise en exploitation du camp de vacances programmées pour le début de l’été 2018.
Connue pour être, de tout temps, confrontée à la sécheresse de ses robinets, la population de Chetaïbi paraissait totalement indifférente à ce qui se passait dans les murs de sa commune chef-lieu de daïra. Et pourtant, selon un ancien classement établi par une agence internationale, elle dispose de l’une des plus belles baies du monde.

C’est cet atout touristique que l’on s’attendait à voir abordé lors de la présentation du Plan d’aménagement touristique (PAT) et celui de la Zone d’extension touristique (ZET). Il n’en fut rien. C’était une autre étape de la visite du ministre après celle de l’hôtel de Sidi-Brahim (un investissement privé).
A l’hôtel El-Mountazah, où il a visité une exposition de produits artisanaux, le premier responsable du secteur du tourisme a eu droit aux sempiternelles explications sur ces deux dossiers. Ils sont importants pour le développement de ce département créateur de richesses et d’emplois. Le simple fait de prendre connaissance de la date de délimitation de la ZET Chetaïbi conformément au décret exécutif n°88-232 du 5/11/1988 aurait dû retenir l’attention du ministre. Et pour cause, 29 ans après, la situation n’a pas changé d’un iota.

On en est toujours aux mêmes arguments que ceux avancés à chaque fois lors de visites ministérielles similaires. N’était la décision portant révision des limites des périmètres de la baie Ouest et Chetaïbi-Centre avec la délimitation des domaines publics et privés pour rattraper l’important retard enregistré quant au lancement des projets, cette visite aurait ressemblé aux précédentes. Comme les autres, elle sera ponctuée par une tournée du côté de l’hôtel Sabri et du Sheraton.

La question que n’ont pas manqué de se poser les habitants et les acteurs du secteur socioéconomique est : «Comment peut-on parler de développement du tourisme et de l’artisanat alors que la population vit l’une des plus longues coupures d’eau depuis l’indépendance ? Cet aspect et celui des désagréments causés aux établissements hôteliers et de restauration existants semblent avoir échappé aux principaux gestionnaires du tourisme à Annaba.
A. Bouacha

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