Ould-Abbès : «Nous sommes le FLN new-look»

Ould-Abbès : «Nous sommes le FLN new-look»

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En allouant à la seule volonté du président de la République, la disposition de la loi de finances 2018 portant majoration de l’aide de l’Etat aux APC à hauteur de 100 milliards de dinars alors qu’elle n’était que de 35 milliards de dinars en 2017, Djamel Ould-Abbès entendait-il recadrer le secrétaire général du RND qui ressasse depuis le début de la campagne électorale les bienfaits de cette même orientation prise par le gouvernement qu’il dirige ?

Implicite, il abondera dans le même sens en appuyant que le soutien du FLN à l’action du gouvernement qui, rappelle-t-il, comprend plusieurs ministres issus de sa formation, ne saurait être inconditionnel si pour autant, celui-ci «dévierait du programme du président de la République qui reste notre dénominateur commun avec les autres partis et le peuple qui le soutiennent».

Moins volubile mais aussi brouillant que d’habitude dans l’agencement de sa prose, Djamel Ould-Abbès qui se prononçait devant une marée humaine venue, jeudi, y compris des wilayas limitrophes, à la maison de la culture Malek-Haddad de Constantine, n’était vraisemblablement pas inspiré pour la circonstance.
En retard de trois heures entières par rapport à l’horaire indiqué sur les affiches portant son effigie et annonçant son meeting mais «sauvagement» placardées dès l’avant-veille dans toute la ville, le rendez-vous aura finalement lieu dans des conditions incommodantes pour les présents dont la délégation qui l’accompagnait.

Une durée suffisante pour que s’installe un désordre indescriptible dans et à l’extérieur de la salle, agrémenté de troupes folkloriques et de fantasia et également de jeunots venus entonner leurs chants à la gloire du club de football phare de la ville le CSC en l’occurrence et qui se sont même fait entendre à l’intérieur de l’enceinte.
Il n’était pas dit cependant que le décor planté déplairait à Djamel Ould-Abbès qui le qualifiera d’enthousiasmant voire même d’annonciateur «d’une victoire assurée du FLN», lui, qui venait de recevoir les décorations des deux clubs mythiques de la ville des Ponts, le MOC et le CSC, et d’assister à la lecture par le mouhafedh du FLN à Constantine, d’une motion de soutien et de reconnaissance au président Bouteflika.

Une motion qui ne lui aurait rien laissé à dire, avoue-t-il son «embarras». Et de sorties curieuses, il ne s’en privera pas, encore une fois, d’abord en évoquant son émotion devant la bâtisse de la maison de la culture de «feu mon ami Réda Malek» confondant le défunt ex-Premier ministre, diplomate et membre de la délégation algérienne qui a paraphé les accords d’Evian avec l’auteur de La dernière impression» et Le quai aux fleurs ne répond plus de Malek Haddad, décédé en 1978.

Sa deuxième bourde, il la commettra en rappelant que le hasard faisant, ces élections locales qui «sont d’une extrême importance pour le pays en cette phase précise, coïncident avec le cinquantenaire des premières élections locales tenues en 1967 sous l’égide de Boumediène, Medeghri et Abdelaziz Bouteflika Puisse Dieu lui accorder Sa Miséricorde» (!) pour reprendre textuellement son propos.
Morcelé, son discours est repris au souvenir lointain que lui rappelle sa venue dans la ville de Constantine : «Notre premier responsable dans la première cellule des étudiants à Tlemcen, affiliés au PPA et l’OS alors que j’avais 16 ans et qui n’était autre que le chahid Benabdelmalek Ramdane, premier martyr parmi les 22 historiques, décédé le 4 novembre 1954.»

Revenant aux joutes électorales de jeudi prochain, il appuiera qu’il ne s’agit pas seulement d’élire un maire mais aussi «de mettre en place la cellule fondamentale de l’édifice institutionnel à savoir l’APC qui est la base de l’Etat». Pour cela « le choix de nos candidats est basé sur les critères du renouvellement et du rajeunissement selon les orientations du chef de l’Etat qui est également président du FLN.
Pour la première fois, nos listes renferment 65% de candidats qui ont le niveau universitaire et dont 70% d’entre eux sont âgés entre 25 et 45 ans. Aussi, nous sommes le seul parti qui a reçu un nombre impressionnant de candidatures des femmes, lesquelles sont présentes dans nos listes à hauteur de 11 000 candidates, et ce n’est pour nous qu’un devoir de donner à la femme la place qu’elle mérite, conformément à la volonté du président de la République à travers la révision constitutionnelle de 2008».

S’il dit par ailleurs que les jeunes sont l’avenir du FLN, il ne manquera pas étonnement de désigner au premier rang de son assistance, parmi ses accompagnateurs, dont l’actuel président de l’APN et les deux ex-ministres, de la Santé et de l’Agriculture en l’occurrence qu’il présente comme étant la nouvelle locomotive du FLN «la direction qui est devant vous aujourd’hui représente le FLN new-look, on y trouve des moudjahidine mais aussi de nouvelles figures». Et de poursuivre «17 mois nous séparent de la fin du quatrième mandat et donc du parachèvement du programme du président de la République. Nous avons donc un an et demi pour terminer un programme qui a commencé en 1999 et si certaines voix alertent d’une crise financière accrue dans le pays, nous leur disons que l’Algérie va bien.

Ce que j’appelle l’automne arabe et non pas printemps, seule l’Algérie y a échappé en sachant préserver la paix autant que sa sécurité grâce à la sagesse, la clairvoyance et la politique du président. Financièrement, nous ne sommes pas en situation de faillite et le gouverneur de la Banque d’Algérie vient de le confirmer.
Le pays dispose en effet de 103 milliards de dollars de réserves de changes, toujours grâce à la décision du président de la République qui a anticipé le payement de la dette extérieure algérienne en 2002, évaluée à son arrivée au pouvoir à 32 milliards de dollars, puis à travers la mise en place du fonds de régulation des recettes qui a atteint à un moment donné 276 M$.

C’est ce qui nous a permis d’assurer à ce jour les salaires des travailleurs du secteur public et même privé. Aussi, nous nous considérons aujourd’hui porteurs d’un message d’espoir et de stabilité qui nous permettent d’appréhender ces élections locales sous de bons auspices, tant que le FLN veille sur les acquis depuis le 1er novembre 1954 et demeure la colonne vertébrale de l’Etat algérien».
K. G.

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