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Le président du Conseil Arabe d’architecture : 8 millions de logements construits dans l’ignorance de la qualité du cadre de vie et de celle du bâti

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Avec la réalisation d’un programme de quelque huit (8) millions de logements, l’Algérie occuperait la position du « plus grand promoteur immobilier dans le monde », si l’on en croit le président du Conseil Arabe d’architecture, d’urbanisme et de développement des villes.

S’exprimant, mardi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, M. Djamal Chorfi relève, cependant, que dans l’urgence à  réaliser des constructions destinées à résorber la crise de logement, il n’a pas été pris en compte « la qualité du cadre de vie et de celle du bâti », ce qui a contribué à engendrer un « étalement chaotique et anarchique » des villes.

Pour lui, le « constat est amer », dans la mesure, ajoute-t-il, où l’on a donné de l’importance au nombre de logement à réaliser, sur la base d’un modèle copier-coller, au détriment d’une qualité architecturale ignorant, de plus, le maitre d’œuvre de l’ouvrage, c’est-à-dire l’architecte, devenu bien malgré lui, un sous traitant de l’entreprise de bâtiment.

Cette dernière, poursuit-il, plus intéressée par le maximum de profit et la simplicité de conception des logements, a donné corps à des constructions qui ressemblent davantage à « des boites d’allumettes ou à des cages à poules ».

L’autres erreur, déclare M. Chorfi, réside dans le plafonnement par les pouvoirs publics du coût du logement, que les entreprises du bâtiment ont utilisé à leur avantage, pour « jouer sur leur qualité », d’autant qu’elles n’étaient, de plus, soumises à aucun contrôle.

Aussi longtemps, rappelle-t-il, qu’on ne donnera pas d’importance à la production architecturale et urbaine, et qu’on continuera à ignorer le rôle fondamental de l’architecte et de l’urbaniste, cette situation risque, encore, de perdurer dans le temps.

Chiffrant le nombre d’appartements dans le pays à quelque onze (11) millions d’unités, l’invité estime qu’il n’existe pas à véritablement parler de crise du logement, relevant à ce propos qu’il existe plus d’un million d’habitations qui sont fermées et donc « hors circuit du marché immobilier ».

Le président du Conseil Arabe d’architecture appelle à lutter contre les « cités dortoirs » en accordant la plus grande importance à la construction d’ensembles immobiliers intégrant toutes les dimensions d’ordre social tels les équipements culturels, cultuels et de loisirs, en prenant en compte les besoins des tranches d’âge, autant d’aspects dont il regrette qu’ils n’aient pas été pris en compte à ce jour.

Le plus important, aujourd’hui, souligne-t-il, est de réviser et de mettre à jour aux standards internationaux, la loi portant orientation de la ville et celle relative à l’aménagement et à l’urbanisme, « qui n’ont pas été actualisées depuis 27 ans ».

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