Des journalistes algériens dociles comme des agneaux: L’embarrassant échange entre Macron et...

Des journalistes algériens dociles comme des agneaux: L’embarrassant échange entre Macron et la journaliste de Médiapart. (Vidéo)

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Emmanuel macron a rejoint en retard, la salle de conférences, où les journalistes l’attendaient. « La rencontre avec le président a duré plus longtemps que prévue », avait-il expliqué.

 Le discours traditionnel d’après-rencontre entre chefs d’états, a duré un peu plus d’une quinzaine de minutes, s’en est suivi une séance de questions-réponses qui ressemblait plutôt à une partie de Ping-pong, Macron-journalistes, tant les questions étaient prévisibles voir sans intérêts. En tout cas pour la plupart des Algériens.

Que pense M. Macron de la décision de Trump sur Jérusalem ? Que pense monsieur le président du manque d’investisseurs français en Algérie, du climat des affaires, re-Trump, une question sur le Proche-Orient, puis sur la Libye (question posée par un journaliste d’Ennahar!). Rien. Walou. Aucune question avec un niveau de difficulté supérieur à un, sur l’échelle de Richter, capable de secouer l’impassible Macron ? Aucun micro ne semble le faire trembler.

Pourtant, il y avait matière à interpeller le jeune et moderne président des Français. Des questions sur sa visite qui cautionne un régime mafieux et corrompu. Une question sur les droits de l’homme bafoués en Algérie, le devenir des prisonniers politiques et d’opinion, la liberté de la presse, les harragas, l’état de santé du président et son alacrité légendaire, la corruption cosmographique dans le bled, la main mise d’un clan sur les richesses du pays, la crise économique, la planche à billets, les gaz de schistes, les avoirs des dignitaires algériens et de leurs enfants en France…etc. Mais rien, ou presque !

Rachida El Azouzi de Médiapart sauve l’honneur !

Il aura fallu attendre la fin de l’exercice des questions réponses, auxquelles s’est adonné Emanuel Macron, pour qu’enfin, et surgissant de nulle part, une journaliste de Médiapart pose une question de fond. « Vous avez rencontré aujourd’hui le président Abdelaziz Bouteflika, ses ministres, le président du conseil de la nation, mais également des représentants de la société civile algérienne dont des voix particulièrement critiques envers les hommes politiques algériens, n’est-ce pas là un paradoxe », faisait elle remarquer.

Cherchant ses mots et visiblement embarrassé, le président français répond par une courte question, faisant mine de ne pas saisir le sens. « Pourquoi, eh, au contraire », répondit-il en haussant les épaules à plusieurs reprises. Puis il enchaîne en faisant des comparaisons fortuites entre les critiques dont il est le sujet en France, et celles qu’essuie le régime quasi-dictatorial de son hôte.

La journaliste le reprend : « Il se trouve que ces voix-là ont du mal à être entendu ici », insiste-t-elle. Macron se lance alors dans des pérégrinations politicardes, langue de bois et propos creux, bottant en touche et faisant au même temps le ramasseur de balles. « Il n’y a pas de paradoxe. J’ai rencontré des écrivains, des intellectuels, des entrepreneurs, des caricaturistes… ». Cet inventaire ne convainc pas la journaliste. Elle charge : « Moi, ces gens-là m’ont parlé d’une société qui était malade d’un régime malade ». Deux fois le mot malade dans une même phrase, ça en faisait presque trop pour Emmanuel Macron, qui venait de sortir d’une heure de rencontre avec un vieux malade.

Il en perd littéralement son latin. Il bafouille : « Je, je, je…Rendez-en compte alors. Ben voilà. Je veux dire qu’il n’y a pas de paradoxe. Moi.. chéh…chui libre, chui venu ici, j’ai d’ailleurs demandé que plusieurs rendez-vous soit installés. En transparence avec les autorités algériennes, j’ai rencontré des gens qui pensent différemment. C’est ça un pays. Ce sont des expériences multiples. Et donc j’y vois aucun paradoxe », peinait le président français à construire un raisonnement intelligible.

Si une seule question de fond a fait de Macron un vulgaire baragouineur, que serait-il devenu si nos journalistes algériens avaient osé poser de vraies questions. Ça aurait au moins pu faire avancer quelque peu le Schmilblick.

Hier encore, trois médias algériens, TSA, El Watan, et El Khabar ont publié des entrevues que leur a accordées le président Français Emmanuel Macron. Des entrevues dignes pour la plupart, d’une oeuvre de l’APS ou de l’ENTV.

Malheureusement, aucun de ses médias, n’a posé les questions qui fâchent. Autocensure, pressions où entente avec leur interlocuteur ? Le mystère reste entier.

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