Trésor public : Le déficit s’est creusé de 43% (1er sem. 2019)

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Le ministre des finances, Mohamed Loukal, a présenté mercredi 6 novembre, la version finale du projet de loi des finances pour l’année 2020, à l’Assemblée nationale (APN), devant une poignée de députés pour débattre de ce projet de loi. Loukal a également livré les chiffres en infra-annuel (moins d’une année) de l’exercice de l’année 2019.

Les données communiquées par le ministre notamment sur les dépenses sur la période de janvier à fin juin 2019, en comparaison à la même période de l’année 2018, relèvent essentiellement la baisse de la fiscalité pétrolière, la baisse des volume d’hydrocarbures exportés, la baisse des ressources ordinaires et aussi l’augmentation des interventions de l’État du Trésor.

Trésor : Le déficit global en hausse de 42,9% sur les six premiers mois de 2019

Ainsi, pour les six premiers mois de 2019, le déficit global du Trésor s’est chiffré à-795,6 milliards de Dinars, contre -556,6 mds DA à la même période en 2018, soit une hausse de 42,9%. En effet, ce creusement du déficit global, est due à l’augmentation conséquente des interventions de l’Etat du trésor (1098.7%), générée par le décaissement en janvier dernier d’un montant de 364 mds DA au profit de la Caisse nationale des retraites (CNR).

Pour la même période de comparaison, les recettes budgétaires ont enregistré une baisse de 99,5 mds DA. Elles se sont chiffrés à 3811,4 mds DA en 2019 contre 3910,9 mds DA en 2019. Une moins-value justifiée par la diminution des ressources ordinaires de 95,4 (-3,8%) et de la baisse de la fiscalité pétrolière de 4,12 mds DA (-0,3%).

Concernant la baisse de la fiscalité pétrolière, elle est expliquée, selon les mêmes données, par la baisse du prix du baril (Saharan Blend), qui est passé d’une moyenne de 71,55 Dollars US durant le premier semestre de 2018, à 66,28 Dollars US le baril durant la même période en 2019, et le recul du volume des hydrocarbures exportés de 12,4%.

Pour ce qui est de la baisse des ressources ordinaires, enregistrée à juin 2019 par rapport, même période de 2018, celle-ci résulte principalement d’une diminution des recettes exceptionnelles (-14,9%, baisse du montant versé en dividendes de la Banque d’Algérie au Trésor de 200 Mrds DA).

En outre, les mêmes chiffres précisent que, les recettes ordinaires qui ne représentent que 4% du total des ressources ordinaires, ont connu une baisse de l’ordre de -7,7% alors que les recettes fiscales ont affiché une plus-value de 61,55 Mrds DA.

Les dépenses budgétaires ont baissé de 6,2%

Les dépenses budgétaires sont passées de 4455,4 Mrds DA à fin Juin 2018 à 4178,2 Mrds DA à fin juin 2019, soit une baisse de -6,2 %. Cette baisse est due principalement à la diminution des dépenses d’équipement de 13,6 % et à la quasi-stagnation des dépenses de fonctionnement (-0,98%).

Ainsi, les dépenses de fonctionnement sont passées de 2598,2 Mrds DA à fin juin 2018 à 2572,7 Mrds DA à fin juin 2019. Elles se sont stabilisées (-0,98% ), conjugué de la baisse des transferts courants de -10,5 % et de la dépenses de fonctionnement des services de +2,9%.

Les dépenses d’équipement à fin juin 2019 ont atteint 1605,6 Mrds DA, contre 1857,2 Mrds DA à fin juin 2018, enregistrant une baisse de -13,6 %. Cette baisse est expliquée par la diminution des décaissements des crédits alloués, notamment, aux suivants: Dépenses en capital (-509,91 Mrds DA, soit -99,7% ); Infrastructures Economiques Administratives Plans Communaux (-32,57 Mrds DA, soit-67,8% ); Électrification et distribution publique de gaz (-25,81 Mrds DA, soit -98%).

La planche à billets a accentué l’encours de la dette publique interne

Le recours depuis novembre 2017, au financement non conventionnel (planche à billets) et sa mise en veille en 2019, a accentué l’encours de la dette publique interne, selon les données du ministre des finances. En effet, cette encours, s’est établi à 8785,0 Mrds DA à fin juin 2019, en augmentation de 51,4% par rapport à la même période de 2018 (5802,4 Mrds DA).

« Un accroissement considérable, qui est lié principalement à l’émission d’obligations au profit de la Banque d’Algérie pour un montant de 6556,2 Mrds DA, au titre de la mise en oeuvre du financement non conventionnel », explique-t-on de même source.

En revanche, d’après les mêmes chiffres, la dette publique externe a enregistré une baisse 4,7%, en passant de 1210 millions de Dollars US à fin juin 2018 à 1154 millions Dollars US à fin juin 2019, sachant que, à fin décembre 2018, cette dette s’est chiffrée à 1176,5 millions de Dollars US.

Au cours des huit (08) premiers mois de l’année 2019, « l’inflation moyenne » est passée à +1,90% contre de +4,54% à fin août 2018, enregistrant un recul significatif des prix de l’ordre de -2,64 points de pourcentage, selon les données fournies dans le rapport de présentation du PLF 2020.

Il est précisé que, l’inflation en rythme annuel a été de 2,5% (septembre 2018 à août 2019/septembre 2017 à août 2018) contre 4,8% (septembre 2017 à août 2018/septembre 2016 à août 2017), soit une décélération de -2,3 points de pourcentage.

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